Quelle musique fait vibrer les dictateurs ? C'est la question du jour ! Staline a vu Le Lac des Cygnes une trentaine de fois. Il s'est beaucoup impliqué dans les questions de musique puisqu'on lui doit le retour de Prokofiev en URSS. Sa relation avec Chostakovitch a alterné entre le bon (l'Armée Rouge pilone les lignes de la Wermarcht à Leningrad pour que le silence soit fait à l'occasion de la Première de la Symphonie n° 7 « Leningrad »), et le moins bon (il est souvent obligé de capituler devant la censure officielle). À la mort de Staline, cependant, les auditeurs soviétiques entendirent du Jean-Sébastien Bach. MAO avait un opéra favori : « L'Empereur séduit la Princesse» et est même devenu le personnage d'un opéra : « Nixon in China» de John Adams. Saparmyrat Ataýewiç Nyýazow avait, pour sa part, interdit les playbacks !!! Adolf Hitler aurait vu Parsifal une cinquantaine de fois. Il entretenait d'excellents rapports avec la famille et les descendants de Richard Wagner. Plus difficile fut la situation des musiciens juifs tels Mahler ou "dégénérés" comme Schönberg. Richard Strauss et Carl Orff, quant à eux, apportèrent au régime un soutien sans faille. Le jazz fut également banni du IIIème Reich. Pol Pot et le Mollah Omar avaient interdit la musique. Fidel Castro, quant à lui, confesse aimer Richard Wagner et John Lennon, pourtant censuré à Cuba jusque dans les années 1980 pour "faiblesse idéologique" (le 1er groupe de rock autorisé à jouer à La Havane fut Audioslave en 2005), et le Leader Maximo d'ajouter : « Je ne connais rien de sa musique. J'ai une oreille déplorable et mon Anglais est encore pire. Mais je partage totalement sa pensée, ses idées. ». Dans le Zaïre de Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga une désoccidentalisation forcée fut menée qui aboutit à une explosion artistique : Jazz, Rumba, Funk, Rock, Soul furent métissés avec les musiques locales. La guerre civile menée par les enfants soldats au Libéria a anénti toute vie musicale autochtone, là-bas 50 Cent règne désormais en maître. C'est en jouant 24H/24 Highway to Hell que les Marines délogèrent Noriega de l'ambassade du Vatican à Panama City. Kim Jong-il a composé plusieurs opéras tels que « Tenons Plus Fermement nos Baïonnettes ». Tout un programme !