Le blog de Pierre Assouline est l'un des plus visités de France. Je pourrais vous parler de sa richesse et de sa diversité si mon avis n'était aussi insignifiant. Autant j'adore le lire (2 à 3 visites quotidiennes), autant sa condescendance m'insupporte. Dans un article il évoque en ces termes les blogs littéraires : " Autrement dit
: tous critiques littéraires ! Ce qui est bien dans l'air du temps.
Là-dessus, je suis aussi réservé, pour ne pas dire critique, que sur le
journalisme citoyen. Inutile de rappeler que c'est un métier, une
technique, un savoir-faire, une expérience. Désolé mais non, tout le
monde n'est pas journaliste, photographe, cinéaste, professeur,
encyclopédiste…". Puis dans un autre d'expliquer, s'appuyant sur Richard Schickel, "Il ne suffit pas d'exprimer son opinion sur un blog, la véritable
critique est bien autre chose ; elle n'est pas une activité
démocratique ouverte à tous mais à des individus qualifiés pour leur
goût, leur connaissance en histoire culturelle et leur jugement
littéraire, leur faculté à situer un livre ou un film dans l'ensemble
d'une oeuvre et à les contextualiser dans leur époque ; l'opinion est
ce qui importe le moins s'agissant d'une critique". On pourra lui objecter plusieurs arguments : 1) Sur son blog il aborde des sujets (Histoire, Arts, Musique, Bande Dessinée...) pour lesquels son parcours de journaliste ne le qualifient absolument pas. 2) Lorsqu'il a écrit des biographies ou participé à la rédaction du magazine L'Histoire il a bien été content que personne ne le rejette pour ces mêmes raisons. 3) Est-ce un véritable travail critique que de parler de livres que l'on a pas lus ou de films que l'on a pas vus ? 4) Des critiques au-dessus de tout soupçon comme Marcel Proust on pu émettre des jugements parfaitement catastrophiques (Pelleas & Mélissande qualifié de "concert de flatulences"). 5) Les journalistes professionnels de TF1 sont-ils nécessairement meilleurs que les amateurs de tel ou tel blog ? 6) Plusieurs études sociologiques montrent que parmi ces misérables classes laborieuses tout juste alphabétisées comme les ouvriers on peut voir se développer un sens critique ainsi qu'une cinéphilie très sûrs. 7) Que penser enfin, quand Pierre Assouline explique : "Lorsqu'un poète écrit sur un sculpteur, on sent qu'il est du bâtiment. Il va tout de suite au nerf et au vif, là où git l'âme des choses, dans cette région obscure qui demeurera à jamais inaccessible au plus érudit des historiens de l'art." ?
Alors que je me baladais sur le net j'ai trouvé un site où l'on parlait de l'impérialisme US dans le domaine de la culture. Il était notamment question de Die Another Day comme film de propagande anti-nord-coréenne. Madonna contre Pyongyang en somme ? On pouvait lire que : « la culture américaine ressemble à
un virus, de surcroit particulièrement pathogène. A bien des égards, on
pourrait la comparer au HIV, le virus du sida. Cette culture ne cesse de se
dupliquer, et se montre particulièrement habile à parasiter la machinerie de
production de ses hôtes. S'il est si difficile de venir à bout du HIV,
c'est parce qu'il prend le contrôle des fonctions cellulaires de
l'organisme infecté pour produire de nouvelles copies de lui-même, et
retourne contre son hôte ses propres défenses immunitaires. Pareillement, la
culture fast-food, le rock, la télévision et le cinéma américains infectent
l'organismeculturel des autres
nations, parasitant les capacités de production locales pour réduire leurs
efforts à de simples contrefaçons. Ce processus de réplication virale se répète
dans le monde entier, les normes de la culture populaire américaine étouffant
la flore et la faune locale ». Zaccharie se devait de réagir face à ce ramassis de stupidités. 1) La culture américaine est simplement plus ouverte, internationale que les autres. Un menu McDo par exemple, comporte des "French Fries", un "Hambourgeois" et un Coca, du nom de la plante amérindienne. Même chose pour le rock, issu du métissage des musiques africaines, européennes et amérindiennes. 2) Quant à affirmer que « Les Etats-Unis sont passés directement de la barbarie à la civilisation sans connaître la culture » c'est peut-être aller un peu vite en besogne et oublier Hemingway, Cage, Pollock, Poe, Rauschenberg, Kubrick, Malick et beaucoup d'autres. 3) Il faut se réveiller, la langue la plus parlée sur la terre c'est le Chinois Mandarin, certaines expressions anglo-hindi figurent dans le harrap's, Bollywood sort plus de films qu'Hollywood, dans de nombreux pays (Iran, Inde, Turquie, Japon, France, Corée du Sud) les films américains font moins de 50% de parts de marché, il n'existe aucun orchestre de jazz en Inde ou en Mongolie...
Le 93 vous fait plus peur que les mines de sel de Kesserling ? Vous adorez cette idée qui dit que le surréalisme c'est larencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie ? Alors l'exposition "La Vitrine des Choses" de Cédric Delsaux est pour vous. Partant de son cadre de vie habituel : la banlieue, le jeune photographe a souhaité rendre de la manière la plus extra-ordinaire possible ces lieux ordinaires. Après avoir réalisé quelques clichés "traditionnels" il lui a paru manquer quelque chose... Il a alors décidé d'intégrer des personnages de Star Wars, de manière totalement surréaliste, afin dit-il, de "retrouver l'impression que le réel est fantastique". Sa démarche consiste, explique-t-il, à trouver un espace intermédiaire, poétique, retranscrit par ses photos, ni belles ni laides, ni réelles ni imaginaires, ni signifiantes ni marquantes... Le résultat est réellement intriguant, la banlieue prend une dimension inquiétante et belle à la fois. Cédric Delsaux ne donne quant à lui aucune piste, expliquant que toutes les hypothèses sont possibles, et valables, au choix : la banlieue ressemble à l'Étoile Noire par son architecture concentrationnaire ; les bâtiments en apparence triviaux et sans intérêts de la banlieue valent largement les décors hollywoodiens. Mais après tout, l'art n'est-il pas d'abord là pour nous aider à imaginer plus qu'à expliquer ?
Comment savoir si une musique est bonne ou non ? Zaccharie est là ! Pour définir ce qu'est une oeuvre d'art nous pouvons commencer par interroger les premiers concernés: les artistes. Mais les créateurs ne nous rendent pas nécessairement la tâche plus facile, surtout depuis les positions absolutistes de l'avant-garde : “Érigez n'importe-quoi c'est une statue, regardez n'importe-quoi c'est une peinture, écoutez n'importe-quoi c'est de la musique”. Ici seul le principe de revendication est retenu — l'urinoire de Duchamp devient artistique dès lors que Duchamp le conçoit comme tel. Il est cependant clair qu'avant le XXème siècle aucun musicien n'a jamais conçu son travail en ces termes, de fait, doit-on les exclure de la sphère du musical.
On peut dès lors se poser deux questions : 1) Est-il possible de faire de l'art sans le savoir ? Si Léonin ou Pérotin se voyaient comme des artisans au service de Dieu se trompaient-ils et étaient-ils des artistes sans en avoir conscience. Nous les voyons comme de grands musiciens et portons sur eux un regard nécessairement anachronique — Georges Duby ne dit-il pas : “A cette époque, ce que nous appelons l'art n'avait d'autre fonction (...) que de permettre à l'homme par de tels dons d'apaiser la colère du Tout-Puissant et de se concilier ses faveurs” . 2) L'oeuvre d'art peut-elle précéder l'artiste ? Les Ready-Made de Duchamp ou les Boîtes de Warhol existaient “avant” l'artiste. De plus, elles ne présentent aucune différence avec les objets de tous les jours. Andy Warhol signale ici le caractère invisible de l'art — en même temps qu'il a choisi ces objets pour leur beauté et leurs qualités.
C'est qu'une oeuvre d'art acquiert son statut de deux manières : par l'artiste qui l'élève à ce statut évidemment, mais aussi par le public qui consacre et entérine ce statut. Car, et pour reprendre Picasso “une peinture vit par celui qui la regarde”. L'idée de musique sans homme pour l'écouter est un non-sens. La musique existe par et pour l'homme. Rainer Rochlitz explique, dans l'Art au Banc d'Essai qu'une oeuvre d'art doit être homologuée et reconnue socialement.
Cette proposition paraît opérante mais appelle trois bémols : 1) Tout d'abord, nous l'avons vu, certains se voient accorder un statut (celui d'artiste) qu'ils n'ont jamais revendiqué. Cette idée que l'on puisse faire de l'art sans s'en rendre compte nous paraît très dérangeante. 2) Ensuite la reconnaissance est-elle forcément digne de foi ou, pour détourner le titre de l'un de ses disques : “50 000 000 fans d'Elvis peuvent-ils se tromper ?”. Le “King” a vendu plus de 1,5 milliard de disques, Philippe Manoury moins de 100 000. Que faut-il en conclure ? 3) Enfin se pose la question des artistes “maudits”, si l'on doit attendre une reconnaissance sociale cela veut dire qu'un peintre comme Van Gogh n'est devenu un artiste qu'à titre posthume...
Celui qui croît que la musique adoucit les moeurs ou rapproche les gens, celui-là pleurera toute sa vie... Il suffit pour s'en convaincre d'aller en soirée et de lancer le débat : "T'écoutes quoi ?". Immanquablement votre interlocuteur vous jugera = "U2 c'est commercial, je préfère LCD Soundsystem. Tu rigoles, c'est commercial maintenant ! La musique classique ? Ouais mais pas les trucs trop commerciaux !"... C'est que la musique sert avant tout à nous CLASSER !!!!!!! Plus je le lis et plus j'apprécie La Distinction de Pierre Bourdieu. Je sais que plusieurs historiens de la culture comme Bernard Lahire (La Culture des Individus) ont nuancé ses propos mais il me semble que toute sa théorie reste terriblement actuelle. Mais que dit-il exactement ? L'ouvrage, paru en 1979, explique que, selon son capital social, sa place dans la société (Prof, Agriculteur, Cadre, Chômeur...), chaque individu "choisira" ses pratiques culturelles selon leur LÉGITIMITÉ avant tout ! C'est-à-dire qu'un ingénieur méprisera Le Beau Danube Bleu pour la simple et bonne raison que, parmi les oeuvres classiques, c'est l'une des rares que les classes "inférieures" (agriculteurs, chômeurs) arrivent à apprécier. Horreur ! Elle ne peut donc être que Populaire au sens littéral. En citant Mahler comme compositeur favori il se DISTINGUE. Mais nous le faisons tous, à notre échelle. En effet, y a-t-il vraiment une énorme différence entre Lorie et The Kills ? Musicalement parlant il est permis d'en douter. Aujourd'hui on sait que les classes supérieures se diversifient et peuvent parfois s'adonner à des pratiques "illégitimes" comme regarder la Star Ac'. On sait aussi qu'il y a des exceptions mais on sait aussi que 97% des enfants en Conservatoire ont des parents qui ne sont ni chômeurs, ni ouvriers ni paysans...
Mais n'est-ce pas horrible de penser qu'avec votre fiche de paye et votre profession je peux vous dire la musique que vous aimez, les peintres qui vous ennuient, les films que vous allez voir ? Vous en doutez ? Allez jeter un oeil aux enquêtes menées par Olivier Donnat sur les pratiques culturelles des français...
Qui n'a jamais entendu quelqu'un lui expliquer que le niveau baisse ou que la culture de masse détruit tout sur son passage ? Aujourd'hui Zaccharie lui répond... D'après les philosophes de l'École de Francfort, "les industries culturelles du capitalisme auraient définitivement liquidé toute possibilité de conscience de classe ouvrière et de critique sociale artiste ou intellectuelle. Non seulement en détruisant la culture populaire authentique ainsi que la culture savante, mais aussi en les remplaçant par une culture commune unidimensionnelle et désespérément pauvre : La Culture de Masse !". Or cette théorie ne se vérifie pas. Prenons quelques exemples : 1) Tarantino, il est clairement, de par ses influences (revendiquées) un "artiste populaire", pourtant il est unanimement consacré par les représentants de la "culture savante" (Cannes, Inrocks, Telerama...) alors même que ses films ne rencontrent pas le succès d'un blockbuster traditionnel. 2) Basquiat, un peintre new-yorkais des années 1980, ses toiles s'inspiraient énormément des graffitis du métro et de l'art des rues. Pourtant son travail n'était connu alors que dans le milieu des galeries et des critiques et était ignoré voire rejeté par la rue. 3) Le manga. La culture de masse suppose une culture uniformisée ainsi qu'un public standardisé. Mais si l'on peut qualifier le manga d'industriel, il devient en revanche délicat d'affirmer que la culture spécifique (japonaise) à laquelle il se réfère soit universelle. 4) Le cinéma reste, de par ses coûts (plusieurs millions €), à 99% une industrie avant d'être un "art", mais ça ne l'a pas empêché de nous offrir Wong Kar-Wai, Kubrick ou Renoir. 5) Quand Racine explique dans la préface de telle ou telle pièce qu'il ne souhaite pas aller contre le goût et la sensibilité de son public, restreint certes, n'est-il pas lui aussi dans une démarche de standardisation ? D'homogénéisation ?
Vous trouvez cela proprement ridicule ? Vous avez raison. L'idée de "Culture de Masse" a été inventée par de soi-disant élites qui, pour se distinguer, allaient écouter du Schubert plutôt que du Luis Mariano mais qui, dès qu'elles étaient perdues, sifflaient L'Oiseau de Feu de Stravinsky ou empêchaient John Cage de jouer son Roratorio.
C'est la question du jour. "Oui" répondront les esprits chagrins qui argueront que cette ville n'a pas d'histoire, que ses habitants ne sont que des surfeurs obsédés par leurs corps comme leurs homologues bimbos. Grossière erreur que Zaccharie se devait de réparer. Oui Los Angeles est récente (fondation en 1781), mais elle abrite en son sein des monuments extrêmements variés et anciens, notamment une pagode coréenne du XIème siècle. On peut aussi citer les Watts Tower, Crystal Cathedral... Plus sérieusement, la ville a connu trois périodes (espagnole, mexicaine, américaine), et bénéficie des innombrables influences apportées par ses émigrants (120 langues sont parlées à L.A). De plus cette ville a su elle-aussi attirer de nombreux artistes même si les gens persistent à ne retenir que New York. Pour preuve de cette "rivalité" : se faire virer se dit "L.A Kiss off" à Big Apple, quand on préfère parler de "New York Kiss off" à Big Orange.
Mais revenons à nos moutons et tenons-en nous au faits : Los Angeles c'est 1500 salles de théâtres, 100 concerts/jour, c'est un orchestre philharmonique de renommée mondiale qui joue dans une salle à l'accoustique irréprochable (Walt Disney Hall) ainsi que dans un amphithéâtre naturel concçu par, excusez du peu, Frank Lloyd Whright (Hollywood Bowl). Los Angeles c'est la ville où ont vécu et travaillé Schönberg, Cage, Stravinsky, Glass, The Doors, Red Hot Chili Peppers... C'est aussi la ville qui abrite de nombreux musées, tous gratuits, dont le Getty Center, plus grand musée du monde par la superficie. On peut y admirer Les Iris de Van Gogh, une Bible de Gutenberg, des peintures préhistoriques... Los Angeles c'est évidemment l'une des capitales mondiales du cinéma, celui d'Independance Day bien sûr, mais aussi celui d'Elephant ou Pulp Fiction. Los Angeles c'est enfin la ville de plusieurs écrivains comme Brett Easton Ellis, Elmore Leonard ou James Ellroy. Convaincu ?
Peut-on mourir d'aimer ? Oui ? Mais peut-on mourir d'amour pour une peinture ou une cité ? C'est la question du jour... Le syndrome de Stendhal est une maladie psychosomatique qui provoque des accélérations du rythme cardiaque, des vertiges, des suffocations voire des hallucinations chez certains individus exposés à une surcharge d'œuvres d'art. Cette perturbation est assez rare et touche principalement des personnes trop sensibles. Ce syndrome fait partie de ce qu'on peut appeler les troubles du voyage ou syndromes du voyageur. Ce syndrome est appelé ainsi à la suite de l'écrivain français Stendhal qui a vécu une expérience similaire lors de son voyage en Italie, à l'étape de Florence, en 1817. Il écrit alors :
« J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »
Stendhal n'a rien fait pour s'en prémunir puisque s'asseyant sur un banc de la place, il lut un poème pour se remettre, et vit que ses visions empiraient à la lecture de cette somme de culture ambiante dans les lieux : il fut épris et malade à la fois de tant de profusion. Ce syndrome ne fut pas décrit comme un syndrome spécifique avant 1979. La psychiatre italienne Graziella Magherini, officiant à l'hôpital central de la ville, a observé et décrit plus de 100 cas similaires parmi les touristes de Florence, le berceau de la Renaissance. Sa description figure dans un livre éponyme qui classe les cas de manière statistique selon leur provenance et leur sociologie. En résumé : 1) les touristes provenant d'Amérique du Nord et d'Asie n'en sont pas touchés, il ne s'agit pas de leur culture. 2) les touristes nationaux italiens en sont également immunisés ; ils baignent dans cette atmosphère depuis leur enfance. 3) parmi les autres, sont plus touchées les personnes vivant seules et ayant eu une éducation classique ou religieuse, indifféremment au sexe.
Le facteur déclenchant de la crise est le plus souvent lors de la visite de l'un des 50 musées de la ville, où le visiteur est subitement saisi par le sens profond que l'artiste a donné à son œuvre, qui transcende les images et le sujet de la peinture; les réactions des victimes subjuguées sont très variables; des tentatives de destruction du tableau ou d'hystérie ont été observées. Les gardiens de musée sont au courant de cette particularité locale et surveillent les comportements atypiques de leurs hôtes, surveillance sans excès toutefois.
On trouve aussi la dénomination de "Syndrome de Florence" ("Syndrome de Stendhal" étant la dénomination officielle)
Ah les OVNIS ! On en trouve trace dès la préhistoire, d'après certains ufologues, il existe des représentations étranges dans quelques grottes rupestres, telles celle d'Altamira, en Espagne ou celle de Cougnac en France qui pourraient être, selon eux, des représentations d'OVNI. De plus, des statuettes ou des peintures (comme les fresques du Tassili, en Algérie) ressemblent étrangement à certaines représentations d'extra-terrestres du XXème siècle, preuve, selon une partie de la communauté ufologique, de l'ancienneté du phénomène. L'analyse de ces faits passés est nommée couramment rétro-ufologie. En voici quelques exemples : Pendant le règne de Thoutmosis III, autour de 1450 av. J.-C., on a retrouvé une description de multiples « cercles de feu plus brillants que le soleil » d'environ cinq mètres d'envergure qui seraient apparus durant de nombreux jours. Ils ont finalement disparu après « être montés haut dans le ciel ». L'auteur romain Julius Obesquens, écrit, en 99 av. J.-C, dans Tarquinia : « pendant le coucher du soleil, un objet rond, comme un globe, a pris son chemin dans le ciel d'ouest en est ». Au Japon, le 24 septembre 1235, le général Yoritsume et son armée ont observé près de Kyoto des sphères de lumière non identifiées. Les conseillers du général lui ont dit « de ne pas s'inquiéter car c'était simplement le vent qui faisait bouger les étoiles ». Gravure sur bois par Hans Glaser (1566), Nuremberg, Le 14 avril 1561, l'Allemagne a été parcourue par une multitude d'objets apparemment engagés dans une bataille aérienne. Il a été dit que des petites sphères sortaient de grands cylindres. Ces observations ont été interprétées comme des prodiges surnaturels, des anges et d'autres présages religieux. Il est en effet possible que des apparitions d'OVNI aient été traduites dans des œuvres d'art mais, pour les cas les plus souvent cités, une explication plus simple a été trouvée par certains rétro-ufologues ou historiens. Par exemple : les "cosmonautes" de la fresque du monastère de Detjani au Kosovo, (cf ci-dessus) seraient des représentations symboliques du soleil et de la lune telles qu'on les retrouve dans l'art religieux de cette époque. l'OVNI du tableau de Mainardi (Madonna col Bambino e San Giovannimo), qui traverse les cieux en pleine nativité, serait en réalité la représentation symbolique de l'Archange Gabriel l'objet en forme de soucoupe volante sur le tableau de Paolo Ucello la Tébaïde, ne serait que le chapeau du cardinal.
A chaque fois que je me trouve face à des toiles de Richard Estes c'est la même émotion qui m'étreint. Ce peintre appartient à l'école hyper-réaliste dont nous avons déjà parlé et c'est l'un des meilleurs de ce courant très fermé. Quand on pense à tous ces artistes du quattrocento qui ont inventé le raccourci, qui ont déséspérément chercher à représenter le réel, on se dit que leur quête centenaire s'arrête ici. Cet artiste immense et par trop méconnu joue à mon sens deux rôles : d'un côté il condamne une voie, celle du réalisme en peinture, plus personne ne pourra jamais aller aussi loin. Et d'un autre côté il libère définitivement l'art contemporain : oui ! Picasso, Duchamps ou Pollock ont raison, c'est là qu'il faut chercher, "non autour de l'oeil mais au centre mystérieux de la pensée, il y a physique... Et métaphysique !". Enfin, ses toiles me donnent envie de dire plusieurs choses : 1) à ceux qui disent que les artistes contemporains ne savent pas peindre regardez ! 2) à ceux qui pensent savoir dessiner regardez !
Malcolm Morley est l'un des représentants d'un courant en peinture appelé "Hyper-réalisme". Né dans les années 1960 ce courant s'opposait à l'Abstraction Lyrique (Jackson Pollock) et prétendait refonder une vraie peinture qui ne serait pas à la portée de tous. L'objectif fut atteint (guère plus d'une trentaine de peintres se révéla capable de participer au mouvement) et même au-delà des espérances les plus folles : peindre la réalité objective. Grâce à diverses techniques — aérographe, projection en diapo du modèle à même la toile, reproduction du flou photographique... — on arriva à un réalisme et une technique inconnus jusque-là. Problème : une fois retombée l'admiration technique, on se lassa vite de ces images assez banales et totalement glaciales. C'est que tout un chacun aime une peinture pour son réalisme MAIS aussi pour la touche personnelle de l'auteur : absente ici. Voici néanmoins deux toiles pour le plaisir des yeux (quel minus ce Michel-Ange !).