Cependant, en Corée du Nord... On a expulsé les inspecteurs de l'Agence internationale de
l'énergie atomique (AIEA) du complexe
nucléaire de Yongbyon. Pyongyang semble vouloir y réintroduire des matériaux
fissiles d'ici une semaine. "Il n'y a plus de scellés, ni d'équipements de surveillance en place
sur le site de retraitement", a indiqué mercredi Melissa Fleming,
porte-parole de l'AIEA en marge d'une réunion du conseil des 35
gouverneurs de l'agence onusienne à Vienne. Le site de retraitement est la partie la plus sensible de ce complexe
car il permet la production de plutonium entrant dans la fabrication
d'éventuelles armes atomiques. "Ce retrait (de scellés et caméras) a été achevé aujourd'hui",
a-t-elle souligné, en rendant compte d'un rapport du directeur général
adjoint de l'AIEA, Olli Heinonen, sur la situation à Yongbyon. La Corée du Nord s'était engagée l'an dernier à démanteler ce complexe
dans le cadre d'un accord international, en échange d'un million de
tonnes de pétrole. Dans une première réaction mercredi la Maison Blanche a lancé un appel
urgent à Pyongyang à "revenir" sur sa décision de relancer ses
activités nucléaires tandis que les autorités sud-coréennes à Séoul se
déclaraient "très préoccupées". De son côté, La secrétaire d'Etat américaine, Condolezza Rice a estimé
que "cela n'allait faire qu'isoler devantage" les Nord-Coréens. "Tout
le monde connaît la solution. La solution est que nous ayons un
protocole de vérification de la dénucléarisation de la péninsule"
nord-coréenne, a-t-elle ajouté. "Les Nord Coréens le savent". Pyongyang avait demandé lundi le retrait des scellés et caméras de
surveillance, marquant un net durcissement de sa position sur ce
dossier controversé. Selon des diplomates proches de l'AIEA, les trois inspecteurs de
l'agence sur place ont eux-même retiré une centaine de scellés et 20 à
25 caméras de surveillance du site de retraitement mardi et mercredi. Après avoir répondu ainsi à la demande de Pyongyang, les inspecteurs de
l'AIEA n'auront désormais "plus accès au site de retraitement de
Yongbyon" ont indiqué les Nord-Coréens, toujours selon Mme Fleming. Les Nord-Coréens ont également averti l'agence qu'ils réintroduiraient
"des matériaux fissiles dans l'unité de retraitement de ce site d'ici
une semaine", selon la porte-parole. Le complexe nucléaire de Yongbyon se trouve à 96 kilomètres au nord de
la capitale Pyongyang et est considéré comme l'épine dorsale du
programme nucléaire militaire nord-coréen. Il abrite un réacteur de
recherche d'une capacité de 5 mégawatts (MW) de modèle soviétique, deux
autres d'une capacité plus élevée encore en construction et un centre
de retraitement du combustible dont est extrait du plutonium. Selon l'agence de renseignements américaine CIA, la Corée du Nord
aurait produit, avant la fermeture du complexe en juillet 2007,
suffisamment de plutonium pour fabriquer une demi-douzaine d'armes
atomiques. Pyongyang, qui a procédé en octobre 2006 à un essai d'arme atomique,
avait accepté un an plus tard, dans le cadre de négociations menées
depuis 2003 avec cinq pays (Etats-Unis, Chine, Russie, Corée du Sud et Japon) d'abandonner son programme nucléaire en échange d'une aide énergétique et de garanties en matière diplomatique et de sécurité. En signe de bonne volonté, les Nord-Coréens avaient désactivé le
réacteur de Yongbyon et procédé, en juin dernier, à la démolition de sa
tour de refroidissement. Mais depuis, les discussions achoppent sur les modalités de
vérification du démantèlement et la Corée du nord menace depuis août de
remettre en service ce réacteur pour protester contre le refus de
Washington de la retirer de sa liste des Etats soutenant le terrorisme. Washington exige, au préalable, que Pyongyang accepte un mécanisme
complet de vérification, avec inspections surprises des sites, accès à
des échantillonnages de matériaux et d'équipements notamment. Un retrait de la liste noire américaine ouvrirait à la Corée du Nord
l'accès aux prêts d'organismes internationaux et à l'aide américaine.
Alors qu'un surfeur a lancé la "théorie de tout", l'image sévère de la physique quantique est encore mise à mal par un rap qui explique le fonctionnement du LHC. Des physiciens en blouse blanche dansant le rap présentent, dans un
clip vidéo, les tenants et les aboutissants du plus grand accélérateur
de particules au monde, le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC), dont
la mise en service est prévue le 10 septembre prochain. Le "Large Hadron Rap", déjà visionné plus de 836.000 fois sur YouTube, explique, en vers et en
anglais, comment des protons vont entrer en collision dans ce
gigantesque anneau de 27 km de circonférence, à 100 mètres sous terre à
la frontière franco-suisse, près de Genève. Le principal objectif du LHC sera de trouver le boson de Higgs, ultime
particule dont l'observation permettra de valider le modèle expliquant
la structure de la matière visible de l'univers. L'idée de cette chanson humoristique et pédagogique revient à Kate
McAlpine, une thésarde de la Michigan State University détachée au
Centre européen de recherche nucléaire (CERN). De ses collègues, elle n'a "reçu aucune plainte sur l'aspect
scientifique, sauf que je sous-entends que le boson de Higgs va être
trouvé très vite", a déclaré Mme McAlpine à l'AFP.
De quoi rêvent James Bond, Paris Hilton ou Nicolas Sarkozy ? De pouvoir devenir invisibles à la demande bien sûr ! Et bien qu'ils se rassurent car ce sera peut-être bientôt chose faite. Les revues Nature et Science rapportent que des chercheurs ont réussi à rendre invisibles des objets de quelques nanomètres (0,000 000 001 m). Les mauvaises langues argueront que lesdits objets étaient déjà invisibles mais les chercheurs expliquent que leur méthode : utiliser des "métamatériaux" capables, aux dires du professeur XIANG Zhang de l'Université de Berkeley, de courber la lumière et de la dévier dans une direction contraire à la normale pourrait ainsi être appliquée à un être humain, un char de combat voire même un super-tanker sans trop de complications. Les premières applications envisagées sont des lentilles permettant de voir jusqu'à l'ADN d'un patient et, bien entendu, les inévitables armes furtives (l'US Army finance en partie le projet). L'équipe du professeur XIANG a pour l'heure réussi à synthétiser deux types de métamatériaux. L'un ressemble à un filet de poissons, l'autre est plus fin qu'une feuille de papier. Leur fragilité ne permet pas pour l'heure d'envisager vivre les aventures décrites par Milo Manara dans Le Parfum de l'Invisible. Petits cochons va !
Quel rapport entre Elvis Presley et la mécanique quantique ? Facile ! Une étude menée par deux chercheurs des universités de Barcelone et du Massachussets, James Garriga et Alexander Vilenkin prouve non seulement que le King est vraisemblablement toujours vivant, mais aussi qu'un nombre infini d'Elvis continue de brailler "Bebop a lula" dans les moindres recoins de l'univers. Leur théorie repose curieusement sur celle du big-bang et d'un savant calcul de probabilités historiques.
Pour ces deux chercheurs, férus de rock'nroll et de physique quantique, le nombre de variantes de l'histoire est en effet énorme, mais parfaitement calculable. Ce qu'on appelle souvent à tort le destin, reposerait en réalité sur un échantillon de scénarios distincts, compris entre 10 et 150 milliards. A la différence de l'univers, dont l'expansion s'est faite si rapidement qu'il contient un nombre infini de galaxies et d'étoiles différentes, l'actualité suit inexorablement un schéma pré-établi dont les déroulements ont déja eu lieu quelque part. Comme l'affirme un proverbe populaire, l'histoire se répète donc inlassablement, avec pour chaque événement une version différente dont un super-ordinateur aurait pu écrire la conclusion. Poussant leur raisonnement jusqu'aux confins de la galaxie, James Garriga et Alexander Vilenkin estiment que différents Elvis révolutionnent la musique populaire dans un nombre incalculable de mondes parallèles (le fameux continuum-espace temps), séparés entre eux par des distances si vastes que la lumière peine à en effleurer les contours (l'Omnivers, NDLR).
Pour les deux scientifiques, seul le déroulement de l'histoire change, jamais les causes, ni la raison d'être. "Je trouve finalement tout ça assez déprimant", déclarait Alexander Vilenkin à un journaliste du "New-Scientist". Ce qui l'est moins, c'est finalement l'idée que l'inconnu n'existe pas, qu'à terme notre perception de l'avenir est quantifiable et mémorisable. Selon Garriga et Vilenkin, seuls la distance et l'infini de l'univers dépassent les capacités d'analyse de nos cerveaux, voire de nos âmes. Un jour, nos ordinateurs auront par élimination les moyens d'anticiper le futur, comme nous prévoyons déja les orages et la météo. Mais jamais nous ne serons capables de mesurer ni même imaginer cet infiniment long et sombre qui compose l'univers. Au moment où Ronald Mallet, un physicien du Connecticut, prétend avoir mis au point la première machine à remonter le temps à base de fragments de lumière reconstitués, nous ne savons plus qu'une chose : quelque part, si loin, si proche, Elvis chante toujours "Are you lonesome tonight ?".
Vous voulez devenir un génie en mathématiques tout en profitant d'un dépaysement garanti ? Le tout au meilleur prix ? Rejoignez donc l'école pour surdoués de Pyongyang, elle est ouverte à tous (sauf aux américains). L'école secondaire numéro un (ESNP) de Pyongyang a été fondée en 1954 et sert de modèle à tous les établissements secondaires du pays. Ses élèves se sont distingués en de très nombreuses occasions : un licencié en médecine a publié ses travaux sur le système cardio-circulatoire, la 1ère étude sur le laser comme nouveau principe populaire c'est eux, le logiciel KCC-PADUK (six victoires aux championnats de GO par ordinateur) c'est encore eux. Plusieurs étudiants et promotion se sont distingués durant les Olympiades internationales de mathématiques à Beijing (1990), en Suède (1991), et en Russie (1992). Les bâtiments de l'école sont à Pyongyang et disposent d'abris anti-atomiques. On vient d'y ouvrir un Département de Recherche en nanotechnologie. Rappelons également que Kim Jong-il essaie de former des hackers pour, en cas de conflit ouvert avec les Etats-Unis, saboter et paralyser internet.
Les frais de scolarité ridiculement bas : 500$/an pour la chambre, les repas, et les cours, achèveront de vous convaincre. Il faudra prévoir néanmoins quelques billets de plus pour vos menus frais. Vous aurez obligation de tenir un journal personnel où vous reporterez les faits et gestes de vos professeurs qui feront de même sur vous. La devise de l'école : Etudions pour la Corée ! Pour plus de renseignements voilà le site officiel de la Corée du Nord en France.
Rien n'arrête la science... Les physiciens du monde entier attendent avec enthousiasme le lancement du Grand Collisionneur hadronique (Large Hadron Collider, LHC), le plus grand accélérateur de particules jamais construit. Il est censé éclairer d'un jour nouveau la physique des atomes et du cosmos, et sera capable de reproduire des conditions proches de celles du Big Bang. Le professeur Irina Arefeva et le docteur Igor Volovitch, spécialistes de physique mathématique à l'Institut Steklov de mathématiques, à Moscou, vont encore plus loin. La gigantesque expérience du CERN, le centre européen de physique des particules situé près de Genève, pourrait devenir en fait la première machine à voyager dans le temps, expliquent-ils dans l'hebdomadaire New Scientist. Toujours selon leur théorie, si le voyage dans le passé est possible, on ne pourra cependant pas aller au-delà de la date de création du LHC. Cela signifierait donc que l'année 2008 pourrait bien devenir l' « année zéro » du voyage temporel.
Lorsque l'énergie du LHC est concentrée sur une seule particule subatomique, 1 000 milliards de fois plus petite qu'un moustique, elle peut avoir d'étranges effets sur l'espace-temps, le tissu qui régit l'univers, affirment les chercheurs russes. L'énergie du LHC pourrait ainsi tordre le temps à tel point que celui-ci finisse par se recourber sur lui-même. Ces boucles temporelles devraient nous permettre, du moins en théorie, de revivre des événements du passé. Cette idée en rappelle une autre, énoncée en 1988. A l'époque, le professeur Kip Thorne et ses collègues du California Institute of Technology, à Pasadena, avaient montré que des « trous de ver »" (wormholes, en anglais), sortes de tunnels creusés dans l'espace-temps, pourraient permettre de voyager dans le temps. Ce thème a depuis été rendu populaire par Carl Sagan et son roman Contact, qui a aussi été adapté au cinéma. Le professeur Arefeva et le docteur Volovitch pensent que le LHC serait capable de créer de tels trous de ver. « Les courbes temporelles et les trous de ver pourraient très bien être le résultat de collisions de particules », explique Irina Arefeva.
Selon le professeur David Deutsch, spécialiste réputé à l'université d'Oxford, le voyage dans le temps est une possibilité. « C'est de la spéculation totale, mais ce n'est pas totalement dingue », estime-t-il. « Cependant, pour diverses raisons, je ne crois pas que le mécanisme que les chercheurs russes proposent puisse fonctionner, même si leurs spéculations sont justes. L'énergie des milliards de rayons cosmiques qui bombardent l'atmosphère de la Terre depuis 5 milliards d'années dépassent de loin celle que nous allons produire avec le LHC. Donc, si on suit cette logique, des voyageurs temporels devraient déjà nous avoir rendu visite. Mais, s'il s'avère qu'un jour de véritables trous de ver se forment, je m'engage personnellement à aller manger le chapeau que l'on m'a offert lors de mon premier anniversaire avant qu'on me l'ait donné », conclut, un peu moqueur, le docteur Brian Cox, de l'université de Manchester.
Aujourd'hui Zaccharie vous dévoile comment voyager vers l'avenir !!!! Quels seront les numéros gagnants du tirage de samedi ? George W. Bush mettra-t-il le monde à feu et à sang ? Rambo IV est-il un bon film ? Les hommes remettront-ils un jour des pantalons à patte d'éléphant ? Le réchauffement climatique va-t-il s'accélérer ? A quoi ressemblera Clara Morgane en 2057 ? Embarqez vite !
"Tout n'explique pas tout et inversement" avait coutume de dire Michel Platini. La physique planchait sur la question à sa manière dans le but d'unifier la mécanique quantique (le sub-atomique), et la mécanique relativiste (les étoiles). Grosso modo il s'agit de réussir à intégrer la Gravitation aux trois autres forces "unifiées" : Force Nucléaire Faible, Forte, et Electro-magnétisme. En effet, la Gravitation est pour l'heure la seule force qui ne soit pas observable au niveau sub-atomique (elle se manifeste par une courbure de l'espace-temps mais pas, à la différence des trois autres, par une intéraction entre particules élémentaires comme les gluons ou les quarks). C'est que certains objets comme les trous noirs ne peuvent être expliqués qu'en faisant appel aux deux "physiques". Garret Lisi, surfeur amateur et docteur en physique théorique, a récemment proposé une "Théorie de Tout exceptionnellement simple". L'homme n'est pas banal. A 39 ans, il n'est membre d'aucune université et partage ses loisirs
entre le surf, le snow board et autres sports de glisse, et la
recherche solitaire des lois ultimes de la physique. On pourrait
facilement ne pas le prendre au sérieux. Mais inévitablement, quand un
physicien de la carrure d'un Lee Smolin déclare à propos de la théorie de Garrett Lisi que « c'est l'un des modèles d'unification les plus convaincants que j'ai vu depuis de longues années », le côté un peu hippie et même New age de cette histoire lui confère illico une belle réussite médiatique. En son temps Einstein avait révolutionné la physique en solitaire durant l'année 1905 en publiant trois articles qui jetèrent les bases de la physique moderne. A priori donc, un chercheur indépendant, possédant de plus un doctorat
en physique théorique, peut très bien avoir eu l'idée qui manquait
malgré des années de recherches poursuivies intensément par les
meilleurs physiciens et mathématiciens de la planète.Pour d'autres physiciens théoriciens, dont Thibaut Damour et Jean Iliopoulos,
les idées de Garrett Lisi sont très loin de faire le poids avec ce
qu'on attend d'une théorie de tout censée unifier la matière, les
forces nucléaires et électromagnétiques avec la théorie de la
relativité d'Einstein.
Certains vont même ouvertement plus loin. Sur son blog, Lubos Motl, le bouillant physicien théoricien et expert reconnu en théorie des
cordes, ne mâche pas ses mots. Pour lui, Garrett Lisi ne serait qu'un
de ces nombreux amateurs incompétents et prétentieux que l'on trouve
sur le web et qui prétendent révolutionner la physique. Bien que Motl
n'utilise pas cette comparaison, on voit clairement qu'il pense que les
compétences de Garrett Lisi en physique sont comparables à celle de
Brice de Nice en surf !
Il faut dire que Lisi a ouvertement déclaré qu'il rêvait de « botter les fesses à la théorie des cordes », clairement un casus belli pour Motl dont on connaît le mépris violent envers les critiques de la théorie des cordes que sont Lee Smolin et Peter Woit. Garrett Lisi est intervenu en personne sur plusieurs blogs dont celui de Backreaction, tenu par Sabine Hossenfelder, et qui fait aussi partie des blogs
scientifiques phares sur le Net, avec ceux de Lubos Motl, Peter Woit,
John Baez et enfin Cosmic Variance. Ses interventions sont toujours mesurées et
constructives. Il ne se présente pas comme un nouvel Einstein et est
ouvert à la critique. Pour lui, même s'il est convaincu d'avoir trouvé
quelque chose, beaucoup reste encore à faire pour préciser le contenu
de sa théorie qui n'est encore que l'esquisse d'un programme de
recherche. Il tient particulièrement à ce que l'on garde un œil
critique, et même sceptique, sur ses travaux et pense qu'il est
beaucoup trop tôt pour en arriver à quelques-unes des déclarations que
l'on trouve sur le Web, et qui tendent à les présenter comme la clé du
problème de l'Unification des forces.
Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ?PARIS (AFP) - Largement popularisée par la science-fiction, l'idée d'univers multiples, que reprend Philip Pullman dans la trilogie "A la croisée des mondes" qui a inspiré un film sorti récemment, reste sérieusement envisagée par des scientifiques. "L'idée d'une multitude d'univers est plus qu'une fantastique invention. Elle apparaît naturellement dans plusieurs théories et mérite d'être prise au sérieux", écrit l'astrophysicien Aurélien Barrau dans le numéro de décembre de la revue Cern Courier de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire. "Ces univers multiples ne sont pas des théories mais des conséquences de théories élaborées pour répondre à des questions claires de physique des particules ou de gravitation. Beaucoup de problèmes centraux de physique théorique (...) trouvent ainsi une explication naturelle", résume ce physicien du Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie (UJF/CNRS/IN2P3). "Notre univers ne serait-il qu'un îlot dérisoire au sein d'un immense multivers infiniment vaste et diversifié?" si c'était vrai, cela pourrait être pour l'homme, qui s'était longtemps cru au centre du monde ou de la création, "une quatrième blessure narcissique", après celles infligées "par Copernic, Darwin et Freud", poursuit-il. Imaginer qu'il y a une multitudes d'univers répondrait à une des interrogations des physiciens : par quel hasard - sauf à croire en Dieu- notre univers, s'il était le seul existant, aurait-il précisément les lois et constantes physiques ayant permis l'apparition d'astres, de planètes et finalement de la vie?. "Les caractérisques de notre univers s'expliquent bien si l'on suppose que toutes les versions imaginables - ou non - de la réalité existent quelque part", résumait voici quelques années l'astrophysicien Max Tegmark. L'idée d'univers parallèles avait été avancée dès 1957 par le physicien américain Hugh Everett, pour interpréter certaines bizarreries - pour le sens commun - de la physique quantique. Des particules peuvent se trouver dans une superposition d'états -comme si un chat pouvait être à la fois mort et vivant, selon le célèbre paradoxe relevé par un des "pères" de la physique quantique Erwin Schrödinger. Mais un seul état devient réalité lors d'une observation. Les autres probabilités ne se concrétisent-elles pas dans d'autres univers? Hugh Everett et d'autres physiciens l'ont supposé. Il existerait alors, plusieurs univers parallèles ayant eu un passé commun, avant de diverger vers un autre possible. L'ancienne série télévisée américaine "Sliders", où les "héros" glissaient de monde en monde, s'est inspirée de cette idée de même que Philip Pullman dans sa trilogie. "Ce monde, comme tous les autres univers, est né du résultat des probabilités", explique Lord Asriel à Lyra la jeune héroïne de "A la croisée des mondes", en évoquant les particules élémentaires. "A un momment donné, plusieurs choses sont possibles, l'instant suivant, une seule se produit, et le reste n'existe pas. Sauf que, poursuit-il, d'autres mondes sont nés, dans lesquels ces autres choses se sont produites".
Vous avez dit "sous-littérature" ? PARIS (AFP) - La science-fiction romance des idées venues de la science, des scientifiques décortiquent la part de vrai dans les pouvoirs de Superman et "la physique de Star Trek" ou bien prennent la plume pour écrire leurs propres histoires: science et fiction ne cessent de se croiser. Ascenseur spatial, mondes parallèles, téléportation, voyages intersidéraux défiant la vitesse de la lumière grâce à des "trous de ver", hypothétiques tunnels ou raccourcis dans l'espace-temps... des idées folles avancées par des chercheurs, prennent vie dans des romans, avant d'être considérées avec sérieux des années plus tard par d'autres scientifiques. Lancée il y a un siècle par le savant russe Konstantin Tsiolkovski, l'idée d'un ascenseur reliant la Terre à l'espace, a été popularisée dans le roman "Les Fontaines du Paradis" d'Arthur Clarke publié en 1979, avant d'être étudiée par la Nasa. Grâce à la résistance des nanotubes de carbone, la construction de cables s'élevant jusqu'à 36.000 voire 100.000 km dans l'espace, devient envisageable. Dans son roman "Contact" paru en 1985, suivi d'un film en 1997, l'astronome américain Carl Sagan a recours aux "trous de ver", sur une suggestion de son collègue Kip Thorne, pour faire voyager les héros à des milliers d'années lumières. Si l'utilisation de tels raccourcis dans l'espace-temps reste utopique, la téléportation, autre idée inséparable de la science-fiction, progresse...mais pour des particules, pas pour l'homme. Des expériences ont permis de "téléporter" une information, grâce aux propriétés de la physique quantique. Pour faciliter l'interprétation de cette physique déconcertante, le physicien américain Hugh Everett avait évoqué en 1957 l'idée de mondes parallèles. Dans "SF: la science mêne l'enquête" (Le Pommier, 2007), l'astrophysicien au Commissariat à l'énergie atomique Roland Lehoucq décortique les idées de la SF grâce aux outils de la science. Ce chercheur, qui écrit des chroniques dans la revue de science-fiction Bifrost, avait déjà soumis Superman ("D'où viennent les pouvoirs de Superman" EDP Sciences, 2003) et Star Wars ("Faire de la science avec Star Wars" Le Pommier/Cité des sciences, 2005) à l'analyse scientifique, tout en refusant de "briser l'imaginaire". Lawrence Krauss suit la même démarche dans "La physique de Star Trek" (Bayard, 1998). "La science-fiction telle que la pratique Star Trek n'est pas un simple divertissement : elle sert un projet sérieux, qui est d'étendre l'imagination humaine", écrit en préface Stephan Hawking. Les scientifiques ne se contentent pas de fournir des idées à la SF, ou de jauger la vraisemblance des histoires publiées, ils utilisent aussi des personnages de romans ou en créent pour mieux vulgariser des notions complexes. Le héros de Conan Doyle, Sherlock Holmes, est amené à résoudre des énigmes policières grâce à la théorie de la relativité, la physique nucléaire ou quantique, dans "L'étrange affaire du chat de Mme Hudson" (Flammarion, 1998) de l'écrivain-physicien britannique Colin Bruce. M. Tompkins, le personnage créé en 1941 par l'un des théoriciens du Big bang, George Gamow, rêve qu'il joue au "billard quantique" ou visite un "broyeur d'atomes" dans "Le nouveau monde de M. Tompkins" (Le Pommier, 2002), une suite de ses aventures écrite par le physicien anglais Russel Stannard.
En 1973, le physicien américain Frank Tipler proposa, dans son article « Cylindres en rotation et possibilité d'une violation globale de la causalité », une théorie qui n'exigeait plus la rotation de tout l'univers ni un cylindre infiniment long pour pouvoir créer une machine à se déplacer dans le temps. Le travail de Tipler présente le grand mérite de pouvoir servir de base sérieuse à toute réflexion future sur la possibilité de voyager dans le temps. Tipler balise en trois étapes la route qui mène à l'expression mathématique de la « machine à voyager dans le temps ».
D'abord, il se demande si les équations que nous connaissons autorisent en théorie des voyages dans l'espace-temps, dans lesquels le voyageur retourne à son point de départ à la fois dans l'espace et dans le temps, une partie du voyage ayant été effectuée en arrière dans le temps. La réponse est oui, comme l'a prouvé par ailleurs Gödel, et comme le prouveront d'autres physiciens comme Brandon Carter et Kip Thorne. Ensuite, Tipler se demande si les conditions sous lesquelles on voyage dans une boucle du genre temps peuvent apparaître de manière naturelle dans l'univers. La réponse est encore oui. Enfin, Tipler se demande si de telles conditions peuvent être réalisées « artificiellement »; à savoir s'il est possible de « construire » une machine à voyager dans le temps. La réponse est toujours oui.
Développons les arguments de Tipler. Les points importants de sa théorie sont la rotation du cylindre et le fait que cette rotation soit à l'origine d'une singularité nue. De quoi s'agit-il ? La rotation du cylindre est directement compréhensible. Par contre, la notion de « singularité nue » nécessite quelques explications. Une singularité est le point vers lequel converge tout ce qui tombe dans un trou noir. Aucune forme d'être ne peut résister aux forces qui sont en jeu dans la singularité. Le seul espoir de pouvoir exploiter un trou noir pour voyager dans le temps, c'est d'en trouver ou d'en fabriquer un dont la singularité est nue, c'est-à-dire sur laquelle la matière ne s'effondrera pas. On peut rencontrer de telles possibilités dans la nature, soit à travers l'explosion d'un trou noir, soit quand un agrégat de matière non-sphérique s'effondre sur lui-même sous l'effet de la gravitation.
Lorsqu'une singularité nue massive et en rotation rapide est prise dans un champ gravitationnel intense, les cônes de lumière qui en sont proches sont fort inclinés. Un observateur pris dans ce champ ne verra pas de modification des lois de la physique, mais un observateur éloigné oui. Lorsqu'il est incliné à plus de 45°, une partie du futur du cône se trouve dans le passé. Pour un observateur extérieur, le voyageur du temps, qui peut évoluer n'importe où dans la partie « futur » de son cône, se trouve partout à la fois autour de l'orbite de la singularité nue. Le voyageur peut aussi descendre de plus en plus bas en spirale, dans le passé, en repassant toujours au même endroit, le long de l'axe du temps. Tout cela est bien beau, mais en réalité, on ne fait ici qu'analyser un graphe, donc les équations, dans lesquels est pris en compte « -t », donnant l'impression que le passé existe en même temps que le présent. Or, dans la réalité, le passé n'existe pas.
Donc, ce dont nous avons besoin, c'est d'un cylindre massif et compact en rotation rapide. C'est la condition indispensable pour créer une singularité nue, c'est-à-dire sur laquelle ne s'effondre pas la matière qu'elle attire. Il faut que le cylindre ait 100km de long et entre 10 et 20 km de diamètre, avec une masse au moins équivalente à celle du soleil, avec une densité d'une étoile à neutrons, et il faut que ce cylindre tourne sur lui-même deux fois chaque milliseconde, soit seulement trois fois plus vite que le pulsar milliseconde, c'est-à-dire à la moitié de la vitesse de la lumière. Le pulsar, ou étoile à neutrons, est l'objet le plus dense, le plus massif, le plus compact connu. Certains tournent très rapidement. Il existe ainsi des pulsars « milliseconde » - en fait, ils effectuent un tour toutes les 1,5 milliseconde.
La machine à voyager dans le temps n'est pas pour autant complète. Il reste encore à joindre plusieurs étoiles à neutrons pôle à pôle pour obtenir la machine de Tipler. Mais les difficultés qu'implique une telle réalisation sont innombrables, peut-être insurmontables en pratique : il faut trouver dix étoiles à neutrons; la force centrifuge développée serait si forte qu'elle disloquerait le cylindre dans sa largeur, tandis qu'il tendrait à s'effondrer sur lui-même dans sa longueur. Enfin, le champ gravitationnel de plusieurs étoiles serait si fort qu'elles s'effondreraient en un trou noir, à moins qu'un champ d'énergie plus fort que tout ce qui est connu actuellement ne maintienne les cylindres rigides. Les cordes cosmiques sembleraient tenir la corde pour maintenir les cylindres rigides et arrêter leur effondrement, et constitueraient la matière idéale pour garder ouverte assez longtemps l'entrée d'un trou de ver.
Dernière chose : toute personne qui arriverait à faire fonctionner cette machine ne pourrait remonter avant sa création c'est-à-dire par exemple 2007.
Ah! Le voyage dans le temps ! La physique nous dit que c'est impossible.
Par essence, le voyage dans le temps entraîne la violation de la plupart des principes de conservation connus (si l'on considère l'univers comme un système isolé) : masse, charge, énergie etc.
Par exemple, imaginons que vous soyez dans une machine à remonter le temps et qu'un témoin vous observe : vous l'utilisez pour revenir dans le passé, et la seconde suivante le témoin constate que la masse constituant la machine, ainsi que ses passagers, a disparu. Et comme elle est actuellement censée être dans le passé, on en déduit qu'elle a disparu de l'univers à cet instant précis, ce qui viole le principe de conservation de la masse.
Ces problèmes sont résolus dans l'hypothèse des univers parallèles. La conservation se fait à l'échelle du multivers. De plus, nous dit Stephen Hawkins, si cette machine avait été inventée nous aurions déjà reçu la visite de touristes du futur. Rappelons que la théorie de la Relativité nous enseigne que, pour voyager dans le passé il faudrait dépasser la vitesse de la lumière (300 000km/s) ce qui est pour l'instant impossible. Enfin, Einstein a parlé du "paradoxe du Grand-Père" : si je pars tuer Hitler avant qu'il commette ses crimes, que se passe-t-il ? Je le tue, il n'a pas commis ses crimes, je ne suis pas parti le tuer, il les commet, je pars...
Le paradoxe du chat de Schrödinger a déchainé les passions parmi les physiciens. Car il pose un vrai problème, celui de la mesure en physique quantique — voire en science tout court. En gros, est-ce la mesure ou l'observation qui décide vraiment si le chat est mort ou vivant? En d'autres termes, sont-ce les mesures, les observations qui décident de la réalité des choses? Alors, si les humains n' existaient pas, le monde n'existerait pas non plus ! Certains physiciens (une petite minorité) ont répondu oui à cette question épineuse en suggérant des solutions bizarres. La première a été soutenue par un prix Nobel de physique, Eugène Wigner. En gros, ce ne serait pas l'appareil de mesure, mais la conscience de l'observateur qui " déciderait" finalement si le chat est mort ou vivant. En regardant par le hublot, l'oeil (dans ce cas, c'est lui l'appareil de mesure) se met dans une superposition d'états: — D'un côté, un état A : "uranium désintégré, détecteur excité, marteau baissé, fiole cassée, chat mort". — De l'autre, un état B : "uranium intact, détecteur non excité, marteau levé, fiole entière, chat vivant". Le nerf optique achemine au cerveau une onde qui est aussi dans une superposition des états A et B, et les cellules réceptrices du cerveau suivent le mouvement. C'est alors que la conscience, brutalement, fait cesser le double jeu, obligeant la situation à passer dans l'état A ou dans l'état B (mais attention : rien ne nous dit POURQUOI ce serait A ou B). Comment? Ça, Wigner ne le dit pas. Mais les conséquences de sa position sont hallucinantes : rien n'existe vraiment en dehors de ce que perçoit notre conscience! Affinons l'expérience. Une caméra filme l'intérieur de la boite; elle transmet les images à un ordinateur qui analyse les formes, reconnait si le chat est immobile (= mort) ou actif (= vivant) ; il en déduit si l'animal est dans l'état A ou dans l'état B. Puis il transmet l'information à une imprimante. Sans regarder ce qui est imprimé, l'observateur place le verdict dans une enveloppe... qu'il ouvre un an plus tard. Sa conscience interviendrait alors pour trancher entre A et B. Si l'on suit Wigner, il faudrait imaginer qu'un mystérieux signal émis par la conscience remonte le temps et vienne provoquer, un an plus tôt, la mort ou la survie du minet! Seconde hypothèse : la conscience n'intervient pas, les deux états A et B se séparent bien lors de la mesure mais rien ne vient trancher entre eux. Résultat : ils survivent dans deux univers parallèles ! Le chat est mort dans un univers et vivant dans l'autre ! Notre conscience existe dans l'état A dans le premier univers et dans l'état B dans le second. Comme nous réalisons sans cesse des actes d'observation, cela voudrait dire qu'à chaque fois, nous nous dupliquons. II y aurait ainsi une infinité d'univers parallèles, sans possibilités de communication entre eux, où nous existerions dans une multitude d'état différents! Aujourd'hui le débat reste ouvert mais plusieurs expériences réalisées depuis les années 1930 nous permettent, pas à pas, de dissiper l'épais brouillard qui recouvre le fond de la réalité et de répondre à quelques questions. Cela dit, toutes ces expériences confirment néanmoins que l'époque des certitudes est bien révolue. Cela veut dire que même une science dite exacte comme la physique doute de pouvoir préténdre à accéder au réel ou à la réalité si tant est que cela soit possible. Philosophiquement parlant, les physiciens qui considèrent que l'équation de Schrödinger représente la réalité reconnaissent implicitement que l'existence d'un objet dépend de l'acte de mesure. On pourrait alors avancer l'hypothèse que l'existence de l'univers dépend également de la conscience... On rejoint ici le solipsisme et la pensée de Descartes : “je pense donc je suis” et il n'existerait pas de réalité en dehors de la conscience. A la limite, ceux qui pensent ainsi ignorent la réalité. Ainsi, tant qu'ils n'observent pas la Lune, celle-ci n'existe pas !
On met à l'intérieur d'une boîte : un chat une fiole de poison un atome d'uranium un système prévus pour briser la fiole si le noyau se désintègre par radioactivité. On ferme la boîte pendant 5 min et on suppose que pendant ce laps de temps, il y a une chance sur deux pour que le noyau d'uranium se désintègre. On a donc une chance sur deux pour qu'à la fin de l'expérience en ouvrant la boîte, le chat soit mort, et une chance sur deux pour qu'il soit vivant. La question est : quel est l'état du chat juste avant l'ouverture de la boîte ? La réponse naïve à cette question est que le chat est, soit mort, soit vivant (avec autant de chances pour l'un que pour l'autre), l'information nous étant cachée par la boîte close. Or les mathématiques nous donnent un critère, dénommé "inégalités de Bell", qui permet avec certaines expériences, de déterminer s'il y a ou non de l'information cachée dans un système. Or des expériences de physique atomique, ont montrées que la mécanique quantique violait les inégalités de Bell. Ainsi, il n'y a pas (dans le contexte de la mécanique quantique) d'information cachée dans la boîte. En ce qui concerne l'état du chat juste avant l'ouverture de la boîte, la réponse de la mécanique quantique, est que le chat est à la fois vivant et mort. Lorsque l'on ouvre la boîte, on "mesure" l'état du chat, ce qui a pour effet de le projeter soit dans la vie soit dans la mort. C'est le principe de superposition d'états et de projection : un système quantique peut être dans "plusieurs états à la fois" mais est projeté dans l'un de ces états si on le mesure (la projection est aléatoire avec des probabilités qui reflètent le poids des différents états dans la superposition). Juste avant l'ouverture de la boîte, le chat est mort-vivant en étant autant vivant que mort. Mais juste après la fermeture de la boîte, le chat est mort-vivant mais en étant beaucoup plus vivant que mort (la probabilité que le chat soit en vie est beaucoup plus forte juste après la fermeture, le poids de l'état de vie est plus fort). Ainsi au cours du temps, la superposition de vie et de mort évolue.
2245, la téléportation embarquée est installée à bord du vaisseau mère de la Fédération, l'USS Enterprise FCC-1701... Cette histoire remonte à 1966. A cette époque la chaîne de télévision américaine NBC diffuse pour la première fois les aventures de science-fiction "Star Trek" de Gene Roddenberry et Paramount Pictures, mettant en vedette le capitaine Kirk et son équipage en quête de nouveaux mondes étranges. Music Maestro !.... Quelques mois plus tard, le 4 mars 1967, William Shatner (le Capitaine Kirk) et Léonard Nimoy (Mr. Spock) feront la couverture du magazine TV Guide. Leur célébrité ne faisait que commencer. La série eut un succès mitigé et ne dura que trois saisons, jusqu'en 1969. Mais au fil des rediffusions la série connaîtra une popularité sans précédent, dépassant de loin "Les Envahisseurs", "La quatrième dimension" ou "Cosmos 1999". Rapidement, l'oeuvre devint une série culte, tant aux Etats-Unis qu'en Angleterre, en Australie, au Japon, en France ou en Italie pour ne citer que quelques pays ayant un fan club disposant d'un site sur Internet. Beam me up Scotty ! Mais la physique de Star Trek a-t-elle un sens ? Pourrons-nous par exemple un jour nous téléporter d'un coin à l'autre de l'espace d'un simple ordre tel que "Beam me up Scotty !"... Mmm, on peut en douter... Disons plutôt est-il déjà possible de transmettre l'état quantique d'une particule à une autre ? Le 11 décembre 1997, le magazine scientifique Nature rapportait que des physiciens Italiens étaient parvenus à transmettre l'état quantique d'une particule à une autre, située à quelque distance. Deux mois plus tard une équipe de chercheurs Autrichiens réussissaient une expérience analogue. L'équipe du Dr.Anton Zeilinger de l'Université d'Innsbruck était en effet parvenue à transmettre l'état de polarisation d'un photon à un autre, une caractéristique - et non pas une information - intrinsèque du monde quantique obéissant aux sacro-saintes relations d'incertitudes. Le 17 juin 2002, des physiciens de l'Université Nationale Australienne (ANU) annoncèrent qu'ils avaient réussi à séparer un faisceau laser contenant une information encodée dans un système de communication à fibre optique et à le reconstruire instantanément à un mètre de distance en utilisant la technologie de l'emmêlement quantique (quantum entanglement), rappelez-vous le principe EPR. Avec cette seconde expérience, la physique de Star Trek semble être à notre portée. Quelles sont concrètement les conséquences de telles découvertes ? On peut rêver Quelques journalistes envisageaient déjà d'appliquer ces découvertes à la téléportation chère aux héros de "Star Trek". Seul problème, la physique de Star Trek ne sera jamais à notre portée. Il faut en effet trouver le moyen de stocker puis de téléporter en quelques secondes toutes les caractéristiques quantiques de tous les constituants des atomes qui forment un corps humain (10 puissance 28 atomes !), sachant qu'un seul atome se définit par de nombreux paramètres (position, énergie, etc, de tous ses composants) qui occupent au bas mot 1000 mots-machine (1 kilobyte). Toutes les données physiques d'un corps humain représentent donc 10 puissance 28 KB d'information. Si toutes ces informations nécessaires à la définition purement physique d'un corps humain étaient stockées sur des disques durs compacts d'une capacité de 100 GB, leur empilement atteindrait une longueur de 10 puissance 13 km ou dix mille années-lumière ! Même avec des disques portables on ne réduit l'empilement que d'un facteur 10 ! Compte tenu de l'espace disponible pour stocker ces informations, de l'énergie requise pour l'écrire et la relire et surtout du temps estimé pour effectuer ce transfert, si nous nous mettions tout de suite à la tâche cette perspective n'est même pas envisageable; téléportée en cet instant, la pauvre victime devrait attendre 25 mille milliards d'années avant d'être totalement définie en termes quantiques (stockés sur un support) et patienter encore autant de temps pour être physiquement téléportée d'un endroit à un autre ! Cette solution présente toutefois d'autres difficultés sur le plan pratique. La première est la plus contraignante. Pour téléporter un atome vous devez mesurer sa position et son impulsion (mv) simultanément afin de les transférer ou les recopier à destination. Or les relations d'incertitudes de Heisenberg tant décriées par les pères de la physique quantique nous interdisent de connaître avec la même précision les deux valeurs simultanément. Ensuite, dans un système corrélé, on ne peut pas choisir les états quantiques à téléporter. Le clonage quantique est donc impossible. Nous verrons qu'il en est de même pour la reconstruction. Mais ce n'est pas tout. Si on envisage la téléportation des atomes et des quarks individuels, il faut trouver un moyen pour briser les quarks. Il faut d'une part des énergies folles pour les briser et développer des températures de l'ordre de 1000 milliards de degrés. Aujourd'hui aucun accélérateur de particules ou autre ITER ne peut atteindre de telles températures. Et on ne les atteindra certainement pas demain ni après-demain eu égard aux difficultés techniques qu'engendre une telle entreprise.